Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

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Yza
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Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Yza » 17 juil. 2011, 12:20

Une horreur ce film...comment s'accaparré le pognon d'une cavette, sans violence physique, mais en la tourmentant...Vas-y pépé, accroche ton monocle, et déboises ce monde de petits ruffiants intempestifs...

Qu'elle distribution, qu'elle fameuse histoire, qu'elle...

Un des meilleurs films noirs des fromages qui tuent :oops:

Le DVD français me convient parfaitement.

pass
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par pass » 08 janv. 2015, 16:11

Première représentation à Paris le 29 Janvier 1955 .

Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 28 mai 2017, 00:07

un des films cultes de Clouzot, avec sa femme Véra qui ne tournera que trois films sous la direction de son mari. Curieusement, elle décède d'une crise cardiaque en 1960 comme son personnage de Christina Delasalle. Destin diabolique.

Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 12 juin 2017, 11:27

En parcourant l'intéressante "Encyclopédie des longs métrages français de fiction 1929 - 1979" (vérification scrupuleuse des génériques, des résumés ultra détaillés, ...), j'apprends qu'il existe une version libanaise de 1968 des Diaboliques : "Nar Al-Hob" réalisé par Frank Agrama, distribué dans le sud-ouest sous le titre "le Feu de l'Amour".
Et puis je lis la prose de l'auteur principal de cette encyclopédie concernant "Les Diaboliques" de Clouzot. Impressionnant.
Je vous laisse juge.


"Le dénouement "diabolique" (ou pas) de ce mauvais roman policier mal transposé à l'écran occulte l'essentiel depuis plus de soixante ans : il s'agit bien là du film le plus roublard - avec "La Vérité"- et le plus raté de son maître d'oeuvre. Scénario caduc, mise en scène pesante et empesée, distribution hétéroclite où seuls Vanel et Larquey surnagent un peu, le premier peut-être parce que tard débarqué dans l'intrigue, le second parce qu'il ne saurait être mauvais. Mais il est pénible de voir Meurisse s'engluer durant près de deux heures dans ce qui reste son rôle le plus exécrablement interprété à l'écran, une longueur ou deux devant le professeur Alexis du "Déjeuner Sur l'Herbe", Signoret sur miser la caricature en plein et osciller sans réelle conviction entre la victime et la butch, Roquevert singer en beaucoup moins bien les vieux cons en béret noir qui firent sa gloire dès les débuts de l'Occupation. A l'opposé, Véra Clouzot exécute sa partition avec humilité, mais met sa sincérité au service d'un ersatz de personnage, dont on ne parvient pas à imaginer une seconde qu'il ait jamais tiré les ficelles de cette parodie de Grand-Guignol. Car c'est bien de Grand-Guignol qu'il s'agit, et le film entier n'a sans doute été mis en chantier qu'afin d'aboutir à la "résurrection" de Meurisse sortant de sa baignoire et retirant ses verres de contact. Quel dommage que cette séquence soit, et de très loin, la plus épouvantablement mise en scène de toutes celles que comporte ce film malhonnête, en définitive plus bête que réellement méchant, n'en déplaise à "Dieu le Père" Clouzot.
Quant au trépas (présumé?) de Christine-Véra trois minutes avant la fin, il constitue de très loin ce que le cinéma mondial a jamais produit de plus ridicule, tous pays et toutes époques confondues en matière de "mort en direct". Ce record, si l'on tient pour parfaitement négligeable, l'agonie finale de Claudine Dupuis à la dernière bobine du pénible "Dossier 1413" (Alfred Rode - 1960), ne sera véritablement égalé - si ce n'est dépassé - que par Marion Cotillard à la toute fin de "Batman : The Dark Knight Rises" : c'est dire qu'il aura fallu un peu plus d'un demi siècle et toute la vulgarité dont Hollywood sait parfois faire montre, pour le battre. Vulgarité dont les Majors avaient au reste déjà fourni une preuve éclatante en confiant, 40 ans après les faits, à Sharon Stone et à Isabelle Adjani la lourde succession de Simone et de Véra, dans un inutile remake, encore plus nul que l'original. En admettant la chose possible."


Etonnant, non?
Je préfère ne pas dévoiler le prix de chaque volume (http://www.livres-cinema.info/livre/110 ... es-suppla2).

HART
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par HART » 13 juin 2017, 08:16

Cette critique est très utile , elle montre que pour certains le film n'est pas l'objet de leur prose.
Ici, celle -ci n'a pour but que de mettre son auteur en valeur en dénigrant le plus possible l'oeuvre dont il parle.
Il est vrai qu'un analyse constructive est moins valorisante à première vue que le pilonnage en règle d'un film admiré.
Encore faut-il faire preuve d'un minimum de rigueur.
Je crois que " le plus bête que méchant " cité par notre pseudo critique est en fait son auto-portrait.
Je connais les bouquins dont tu parles , cher Stark ( hé , hé ,...) avec le prix d'un seul on peut se payer cinq Sidonis au prix fort.
C'est peut-être le prix à payer pour voir quelqu'un se ridiculiser.

Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 13 juin 2017, 09:10

S'il y a effectivement beaucoup de rigueur pour les génériques et résumés chez cet "encyclopédiste" (attention, j'ai quand même vu deux fois de suite le même paragraphe), ses "critiques " sont plutôt des chroniques railleusement agressives et donc complètement gratuites.
Au final, lorsque j'ouvre un de ces volumes (disponibles en bibliothèques spécialisées), c'est pour sonder la partie générique-résumé, la partie "critique" n'étant d'aucun intérêt (ce qui divise le prix prohibitif du volume par deux, mais ça reste encore vingt euros trop cher).
Pour en revenir aux Diaboliques, l'encyclopédiste a oublié un détail essentiel dans le générique, j'espère qu'il saura rectifier cet oubli (ou ignorance?).

Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 06 août 2017, 08:25

Si vous appréciez les histoires de Boileau et Narcejac, essayez le trop méconnu "Maléfices" d'Henri Decoin (qui s'y connait en films noirs, "Non Coupable" par exemple), c'est un régal.

Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 19 janv. 2019, 09:48

Autre excellente adaptation d'après Boileau et Narcejac sortie chez René Chateau, "Les Louves" avec François Périer, Micheline Presles, Jeanne Moreau et Madeleine Robinson. Le réalisateur Luis Saslavsky est coutumier du film vraiment noir, son film précédent, "la neige était sale" (d'après Simenon) est très sombre, Daniel Gélin est inquiétant et il s'agit de son rôle préféré.
Autre film français vraiment noir découvert cette année, "Leviathan", réalisé en 1962 par Léonard Kiegel avec Louis Jourdan (encore un personnage particulièrement inquiétant), Lili Palmer, Marie Laforet et Madeleine Robinson.Et une photographie hallucinante.

Pour revenir aux Diaboliques, voici le témoignage de Paul Meurisse sur sa partenaire Vera Clouzot dans sa biographie "les Eperons de la Liberté":
"Dans une interview publiée dans un magazine de cinéma en 1954, Clouzot déclarait : "je peux faire jouer n'importe quel débutant... Mais ce que je déteste le plus : les acteurs qui pensent."
Et bien, avec sa femme Vera, ..., il a dû nager dans le bonheur ! Mais à quel prix ! Que d'éclairages savants, élaborés pendant des heures, pour donner à ce visage un soupçon d'expression ! Que de grincements de dents et de révoltes rentrées de la part de Simone Signoret, qui voyait son talent servir de support au vide absolu de sa partenaire. Suprême astuce, on "tramait" la lumière pour que sa beauté ne vienne écraser davantage l'insignifiance du visage de Vera."
Les témoignages de Paul Meurisse sont précieux, notamment sur le tournage de "la Fleur de l'âge" de Carné et sur Erich von Stroheim. A lire.

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chip
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par chip » 19 janv. 2019, 15:50

Si vous le trouvez, achetez, dans le genre, un must.
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Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 25 janv. 2019, 20:59

J'ai cité le réalisateur argentin Luis Saslavsky (les très noirs "les Louves" et "la Neige était sale"), qui avait déjà réalisé en 1934 "Crimen a las tres", photographié par John Alton, futur grand directeur photo du film noir américain.
Autre réalisateur argentin virtuose, Carlos Hugo Christensen : j'ai vu son "Non abras nunca esa puerte" d'après William Irish, c'est impressionnant de maîtrise, le découpage est d'une précision chirurgicale, rien n'est gratuit, tout les évènements s'enchaînent sans temps mort, chaque geste, placement ou mouvement de caméra sert l'intrigue. C'est un film à projeter en université de cinéma. On se croirait presque chez Dreyer dans certains gros plans de visages. J'ai regardé sur ebay, rien en vente de ce Monsieur, par contre sur youtube, plus d'une vingtaine de ses films, malheureusement en copies brumeuses et en vo espagnole. Ca ne m'empêchera pas de visionner "la Muerte camina en la lluvia", d'après Steeman ("l'Assassin habite au 21"), pour comparer avec la version de Clouzot. Le style de Christensen semble toujours aussi concis, 1h13 contre 1h24 pour le Clouzot. A découvrir. Eddie Muller admire ce réalisateur.

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chip
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par chip » 15 août 2019, 09:12

Vient de sortir, pas encore visionné.

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Stark
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Re: Les diaboliques - 1955 - Henri-Georges Clouzot

Message par Stark » 18 août 2019, 00:42

encore merci du tuyau pour la sortie dvd, Chip, un film vraiment très noir à découvrir (y-a-t-il plus noir d'ailleurs?)
Pour bien le digérer, je prescris un bon EG Robinson, "un meurtre sans importance", datant de 1938 (si ce n'est déjà fait...)
Enjoy !

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